DOSSIER ENTREPRENEURSOn passe la flamme
transmission_entreprise

Publié le 15 mai 2018

L’expertise MICA

On passe la flamme

Vous récoltez depuis quelques années le fruit de tous vos efforts et vous sentez qu’il est temps de passer à l’étape délicate, et peut-être déchirante, de transmettre votre entreprise. Plusieurs choix s’offrent à vous. Mais savez déjà que votre successeur devra avoir le feu dans les yeux et la flamme dans le cœur. Serait-ce un membre de votre famille, un employé de confiance ou un investisseur externe qui portera le flambeau?

On garde ça dans la famille!

Après réflexion, vous aimeriez que votre petit dernier soit le repreneur. Depuis son plus jeune âge, il est hyper impliqué dans l’entreprise familiale : de ses emplois d’été en passant par son choix d’études et ses premières expériences de travail, il veut devenir l’entrepreneur par excellence (et faire mieux que vous, bien sûr)! Bref, vous ne voyez quand même que lui pour reprendre votre siège.

Mais savez-vous si lui est vraiment intéressé à le faire? Est-ce que de vous avoir vu travailler 80 heures par semaine est un frein pour lui? Est-ce qu’au-delà de vous projeter en lui, possède-t-il les compétences, les habilités et la force de vous succéder? Saura-t-il préserver l’harmonie familiale au sein de la fratrie? Est-il finalement davantage un intrapreneur allumé qu’un entrepreneur pur et dur? Parce que choisir l’un de ses enfants au détriment des autres peut avoir un impact considérable sur la cohésion familiale.

« Souvent, quand je fais du coaching auprès des familles planifiant le transfert de l’entreprise, je leur pose toujours cette question : objectivement, si ce n’était pas vos enfants, lequel pourrait amener l’entreprise plus loin? », explique Gino-Sébastian Savard, président de MICA Cabinets de services financiers. « La charge émotive est tellement présente dans ce genre de situation! Je l’ai vécu personnellement avec mon père lors du transfert de l’entreprise familiale. Il avait tellement peur des iniquités entre mon jeune frère et moi qu’il n’en dormait plus la nuit. Quand on lui a dit que nous souhaitions reprendre l’entreprise qu’il avait bâtit et tout partager 50-50, il a senti un énorme poids en moins sur ses épaules : la pérennité de l’entreprise était assurée, mais surtout la cohésion familiale », renchérit M. Savard.

Le fameux lâcher prise

Maintenant que vous avez décidé de passer les rênes à votre progéniture, un autre défi de taille peut se présenter à vous : laisser votre enfant diriger l’entreprise comme il l’entend. « On assiste régulièrement à des situations où le père veut garder le contrôle de l’entreprise même s’il a cédé à son enfant. Il a de la difficulté à donner de la corde et il est plus ou moins ouvert aux nouvelles idées.

C’est le choc des générations. Dans ces cas-là, il faut que le cédant aime assez ses enfants et son entreprise pour leur faire confiance et leur laisser la place qui leur revient.» explique M. Savard,  avouant du même souffle avoir vu des histoires de repreunariat tourner à la catastrophe. Une aide externe peut faciliter la planification et l’exécution de la transmission pour augmenter les chances de succès.

On garde ça dans l’entreprise

Vous avez ciblé un ou des dauphins parmi les membres de votre équipe pour vous succéder? Après les avoir vus évoluer au sein de l’entreprise, vous avez identifié des cadres et des gestionnaires avec les compétences et les aptitudes pour continuer l’entreprise. Vous avez discuté avec eux : ils sont prêts à assumer les risques financiers de l’acquisition et veulent obtenir rapidement le financement nécessaire pour finaliser la transaction. Les aiderez-vous alors à obtenir leur financement? Pensez-vous financer une partie de la transaction?

Quoiqu’il en soit, vous êtes soulagés : votre entreprise vous survivra.

Maintenant, il ne reste plus qu’à orchestrer le tout pour que la transmission se déroule bien. « À cette étape-ci, on doit bien préciser les attentes des différentes parties prenantes. On doit aussi mettre sur pied un plan stratégique de transmission et un autre pour préparer la relève », souligne M. Savard. « Sans oublier de régler certains points importants, comme évaluer la valeur de l’entreprise ou encore le mode de rachat», mentionne-t-il. « Le rôle du cédant sera de bien accompagner sa relève durant la transmission », insiste-t-il.

Sans oublier que vos clients se sentiront certainement en confiance devant votre décision d’opter pour le Management buyout et vos employés aussi. Peut-être que certains seront frustrés de ne pas avoir été sélectionnés pour reprendre le flambeau et quitteront le bateau. C’est un risque à prendre.

On se tourne vers l’externe

« Habituellement, vendre son entreprise à l’externe est beaucoup plus rapide et la charge émotive beaucoup moins grande », souligne M. Savard. « Mais ça ne veut pas dire que c’est nécessairement plus facile. L’entrepreneur souhaite avant tout que ses employés et ses clients soient aussi bien traités avec le nouvel acquéreur qu’ils l’étaient avec lui. Le propriétaire ne veut pas vendre à n’importe qui : il souhaite une continuité. Et qui dit continuité dit bonne stratégie de croissance », insiste M. Savard.

Le fameux questionnement face à l’inconnu

Parmi les préoccupations qui peuvent survenir pendant cette période de transfert d’entreprise, il y a, entre autres, de savoir comment vos besoins financiers seront comblés à votre retraite. En aurez-vous assez pour maintenir votre rythme de vie?  Serez-vous en mesure de léguer un héritage à vos enfants?

Votre conseiller financier indépendant pourra certainement vous aider à préparer votre sortie et à y voir plus clair. L’idéal, c’est de préparer sa vente quelques années avant de signer la transaction pour mettre en place des stratégies fiscales afin de retirer le maximum de bénéfices nets. Et pourquoi ne pas organiser une rencontre pour informer votre famille de votre vision et de vos intentions concernant votre héritage à vos prochaines générations? Vous rassurerez tout votre monde et contribuerez à une meilleure cohésion familiale lorsque le jour viendra.

En terminant, quel que soit le type de repreneur que vous choisissez, voici des éléments de réflexion qui vous aideront dans votre cheminement.

  • Quels sont les acteurs qui doivent être les moteurs de cette relève d’entreprise?
  • Connaissez-vous vos besoins en revenus de préretraite et de retraite définitive?
  • Quelles parties de votre patrimoine serviront à vous procurer un revenu de retraite?
  • Savez-vous quelle sera votre implication à court, moyen et long termes dans l’entreprise, et ce, dès le début de la transmission?
  • Est-ce que la (ou les) personne(s) choisie(s) seront prêtes lors de leur entrée en poste?
  • Est-ce qu’une stratégie d’intégration a été mise en place pour les aider dans leurs nouvelles fonctions?

Bonne réflexion!

Les liens vers d’autres sites Web de tiers ne sont fournis que pour votre commodité ou votre information et ne signifient pas que MICA approuve ces sites Web et leur contenu ni qu’elle s’en porte garante. Ces sites et renvois ont été élaborés indépendamment de MICA, et nous ne pouvons répondre de l’actualité, de la précision, de l’intégralité ni de l’authenticité du contenu et des fonctionnalités de tels sites ni de tels renvois. L’établissement d’une liaison avec tout autre site est à vos propres risques et MICA n’est pas responsable de tout dommage relatif à de telles liaisons.